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Les mains libres de Jeanne Benameur

24 août 2010

Quatrième de couverture : « Y a-t-il un signe dans le ciel qui indique que quelque part, dans une ville, au milieu de tant et tant de gens, deux êtres sont en train de vivre quelque chose qui ne tient à rien, quelque chose de frêle comme un feu de fortune ? »

Madame Lure est une vieille femme comme on en croise sans les remarquer. Dans l’appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve grâce aux brochures de voyages qu’elle étale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit.

Un jour, surprenant les doigts voleurs d’un jeune homme dans le grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu’à son campement, sous l’arche d’un pont.

Qu’ont-ils en commun, Yvonne, celle qui garde, et Vargas, l’errant ?

 

 Gallimard, 2006

 

Voilà encore un roman de Jeanne Benameur dans lequel j’ai voyagé avec plaisir, me laissant guider par les mots, sans les comprendre tous, sans en saisir tout le sens mais toujours avec l’envie d’en lire plus, d’avancer. J’ai suivi cette femme sédentaire qui s’évade à travers les brochures de voyage et qui va entrer en relation avec l’homme qui passe son temps sur les routes. Qu’est-ce qui va les lier l’un à l’autre ? Les livres.

« Et elle avait fait ce que plus personne n’avait fait pour lui depuis sa mère. Elle lui avait lu l’histoire.

Le jardin, ce ne pouvait être qu’à elle qu’il le devait.

Il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres. »

Mais pas seulement, c’est aussi la rencontre de deux solitudes.

Je n’ai pas tout compris, je crois, de cette histoire mais, comment le dire, elle m’a fait du bien. Le style incomparable de l’auteur m’émeut tant qu’il m’emporte toujours dans un ailleurs que je n’arrive pas à définir mais qui me semble bon et dans lequel je me love avec délectation. Ses mots m’enlacent et me délassent, ils suscitent en moi de belles images et me jouent une musique unique.

Encore quelques extraits :

« D’où viennent les images qui arrivent sous les paupières ? »

« Personne ne meurt vraiment. Jamais. Tant qu’un vivant imagine, la mort n’est rien.

La présence, l’absence n’ont rien à voir avec la vie et la mort.

Yvonne découvre. Elle peut faire vivre les images que les mots font venir en elle. »

« Les paroles appartiennent à tous. Il n’y a que notre silence qui est unique. Il nous appartient. Seulement à nous. »

 

 

 

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