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La diagonale du vide de Pierre Péju

25 juillet 2010

Gallimard, 2009, 280 p

C’est un livre agréable à lire.

J’ai bien apprécié le style de l’auteur, riche de métaphores, à commencer par le titre, magnifique métaphore de l’absence d’événements, de la solitude.

Le roman commence dans une atmosphère plutôt contemplative, le personnage se trouve en Ardèche au milieu de paysages sublimes et l’écriture de Pierre Péju nous invite à cette contemplation, comme un arrêt sur image, on se plaît à admirer avec le narrateur :

« La clarté augmentait très vite, comme sous l’effet d’un variateur d’intensité, et tout à coup, à quelques mètres du sommet, tel un plongeur remontant des profondeurs, j’ai surgi miraculeusement en plein ciel bleu, dans une lumière éblouissante, au-dessus du niveau de la mer des nuages.

Oui, la mer ! Immense étendue crémeuse et plate, d’où n’émergeaient que quelques îles formées par d’autres vieilles montagnes entourées de blancheur. Naufragé sur mon petit îlot inondé de soleil, je me trouvais au bord d’un gouffre. » … « Le temps pouvait se déployer dans l’espace, et l’espace disposait de beaucoup de temps. Rien ne pressait. Personne ne m’attendait. Je ne m’attendais à rien ».

Il ne s’attendait à rien, mais cet homme qui voulait se retirer loin de l’agitation du monde se trouve confronté à des vies bien plus remplies que la sienne, des personnages qui ont vécu des choses horribles, il se trouve embarqué dans des histoires, malgré lui, sans qu’il ne l’ait vraiment choisi.

Et le roman a basculé dans une succession d’événements… J’ai moins aimé sa rencontre avec Irène et sa relation avec les événements du 11 septembre , j’ai trouvé que cela faisait beaucoup… un peu trop…

Malgré tout, sans égaler « La petite chartreuse », je me suis laissé emmener dans cette histoire avec plaisir, un plaisir lié aux mots, aux images, aux phrases de Pierre Péju, à commencer par la première phrase qui m’a immédiatement emballée grâce à son rythme : « Je me souviens, cette année-là, au milieu de l’hiver, debout derrière la baie vitrée de la salle d’embarquement, les yeux noyés dans une aurore verte et rose où un avion décollait toutes les minutes, j’ai décidé de tout arrêter. »

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