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Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt

21 juillet 2010

Quatrième de couverture : Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d’artistes ont partagé les rêves de liberté de l’époque. De l’art et de la création, ils ont fait le ciment d’une amitié qu’ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n’a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies…

  Actes Sud, 2005

 

J’ai beaucoup aimé ce roman.

 

J’ai pourtant eu du mal à entrer dedans, mais à partir de la centième page environ, je ne l’ai plus lâché. Je me forçais à le fermer pour vaquer à des occupations plus terre à terre. Il faut dire qu’il a 450 pages, donc il est difficile de le lire d’une traite.

 

Pour la petite histoire, j’ai choisi ce roman tout à fait par hasard. J’étais dans une « improbable librairie » (c’est son nom) au milieu de la campagne poitevine et je regardais, ébahie, les rayons en me disant que je connaissais la plupart des ouvrages et que si j’avais eu une librairie à moi (vieux rêve), il y aurait ces livres-là en vente… donc, au milieu des titres connus, je trouve ce roman. Le nom de l’auteur ne me disait rien (j’ai appris depuis que c’était la femme de Paul Auster) mais il m’attirait. Eh oui, ses sonorités me plaisaient. Je prends le livre sans plus réfléchir, avec quelques autres bien sûr et lorsque je m’apprête à payer, je discute avec le libraire de mes choix. Il m’apprend alors qu’il ne connait pas du tout ce roman ni l’auteur mais qu’il lui avait été conseillé par Jeanne Benameur (qu’il avait reçue dans sa librairie la semaine précédente, quand je pense que j’ai raté sa venue !!!).

 

Et je n’ai pas été déçue !

 

C’est un livre intéressant par ses réflexions sur l’art, la création, la mort, l’amitié, le besoin d’amour…, par ses qualités romanesques (c’est un livre plein d’inattendus), par ses personnages très attachants ou parfois très exaspérants.  Je ne peux évidemment rien dire de l’intrigue, il faut se laisser guider et embarquer par l’auteur. Un très bon roman !

 

Quelques extraits  :

 

« Comme tout le monde, Bill récrivait sa vie. Les souvenirs d’un homme mûr sont différents de ceux d’un jeune homme. Ce que l’on trouvait vital à quarante ans, on peut le trouver moins significatif à soixante-dix. Nous fabriquons des histoires, après tout, à partir des matériaux sensoriels fugaces qui nous bombardent à chaque instant, suite fragmentée d’images, de conversations, d’odeurs, et le contact des objets et des gens. Nous en effaçons la plus grande partie afin de vivre dans un semblant d’ordre, et ce remaniement de la mémoire se poursuit jusqu’à notre mort. »

 

 » Sur l’un de ses dessins, je remarquai que l’homme était tassé dans un fauteuil, la tête dans les mains.

– Ce pauvre type revient tout le temps, observai-je.

– C’est Dave, dit Matt. Je l’appelle Dave.

– Pourquoi Dave ? demandai-je.

– Je ne sais pas, c’est son nom. Il est très solitaire et je pense souvent qu’il devrait rencontrer quelqu’un mais, quand je me mets à le dessiner, il est toujours seul.

– Il a l’air malheureux, dis-je.

– Je suis triste pour lui. Son seul ami, c’est Durango (il me montrait le chat). Et tu sais, papa, les chats s’en fichent, dans le fond.

– Eh bien, suggérai-je, peut-être qu’il va se trouver un ami…

– Tu pourrais croire que je n’ai qu’à le faire, puisque je l’ai inventé, mais oncle Bill dit que ce n’est pas comme ça que ça se passe, on doit sentir ce qui est juste, et parfois ce qui est juste dans l’art est triste. »

 

 

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